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CARTOUCHE - A corps perdu - CD

webzine_DSC01622_1.JPG (Autoprod.)
Une fois n'est pas coutume, cette chronique parle d'un disque qui n'est pas encore (véritablement) sorti. Cet exemplaire est issu d'un premier tirage à 200ex. qui a été distribué à l'occasion d'une tournée européenne. La version définitive de ce deuxième album comprenant 11 nouveaux titres devrait sortir d'ici quelques semaines.
D'emblée on retrouve le son Cartouche (avec une meilleure prod.!) avec les premiers accords. Chacun des membres du combo ayant déjà un petit vécu dans le monde de la musique, le groupe a développé un style bien à lui. La frappe de Niko, les lignes de Ray et le jeu et le son d'Alex charpentent un rock teinté de punk, de garage et de touche ska. Le chant de Géraldine oscille toujours entre mélodie et "gouaille" populaire, mais ces deux aspects sont encore plus prononcés que sur "Je trahirai demain".
Les thèmes abordés sont ancrés dans l'histoire populaire et l'histoire des luttes (la même souvent) à travers l'évocation de personnages : camarades de comptoir, Sacco et Vanzetti, combattants algériens ou marocains de la 2e guerre mondiale, femmes d'ici ou là bas ne voulant plus subir le sexisme,... Ces évocations réalistes et souvent poignantes n'en oublient pas une certaine poésie, les textes restant beaucoup plus proche de la chanson que du tract politique. Et s'ils s'avèrent assez sombres dans les sujets évoqués, ils restent combattifs à l'image de la reprise finale du Chant des partisans du ghetto de Vilnius. Certains points de vue ou du moins traitement des thématiques, comme sur leur album précédent, peuvent parfois être discuté mais après tout c'est plutôt positif de ne pas laisser indifférent ou de se contenter de sujets ou d'approches consensuels et souvent mille fois entendus.
La plus grosse surprise sur cet "A corps perdu" provient de deux morceaux chantés en anglais qui évoquent beaucoup plus la pop-punk anglo-saxonne que Fréhel!
Seul léger bémol à mon goût, certains plans font un peu copié-collé du premier album et on a parfois l'impression de réentendre un titre du précédent opus mais ce sentiment s'estompe au bout de quelques instants et n'enlève pas grand chose à la qualité d'ensemble de cet album. (L.)