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L'ENVOLEE #21

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La prison serait-elle en passe de connaître ses derniers jours ? La justice pénale deviendrait-elle un mauvais souvenir, une pratique d’un temps révolu ? Car nous n’avons pas rêvé : nous avons bien entendu le mot « dépénalisation » martelé par le gouvernement, les parlementaires, les médias... comme si les tenants du pouvoir avaient décidé d’un commun accord de saper un des piliers de leur système économique et politique. Et non, tout faux : ils ont juste décidé de revoir le droit des affaires en supprimant les sanctions pénales. Cette dépénalisation se résume donc à : pas de cols blancs en prison. Cela rappelle en passant aux adorateurs d’une justice juste, égale pour tous, que la loi est encore et toujours celle du plus fort ; car ce projet de protéger les « délinquants » des rigueurs judiciaires et carcérales ne concerne que les riches, les patrons, les décideurs, enfin tous ceux qui doivent pouvoir continuer à exploiter à gogo, à détourner les biens publics sans risquer d’être inquiétés comme le furent une poignée d’entre eux. Le Parlement prévoit donc d’adopter cette modification du code pénal : à ses bons sujets, le système capitaliste reconnaissant. Il faut dire qu’en autorisant les témoignages anonymes, la loi Perben 2 de 2002 avait entraîné quelques nouveaux scandales financiers : les politiques et les patrons s’étaient honteusement dénoncés entre eux (affaires Elf, Clearstream...). Pour contrecarrer cet « esprit de vengeance » et remettre un peu d’ordre dans la jungle des intérêts d’individus toujours prêts à se balancer pour se piquer leurs places, le gouvernement prévoit depuis août 2007 un « nouveau projet de loi sur les lettres anonymes » : le témoignage sous X ne s’appliquera plus aux délits financiers ; il se limitera à son objet initial, briser « l’omerta dans les banlieues ». Autrement dit, inciter les pauvres à balancer leurs proches, leurs voisins, contre de maigres récompenses, histoire de séparer et d’individualiser encore un peu plus. Unir les possédants et diviser les exploités, cela a toujours été le travail de l’Etat. L’avantage, quand le pouvoir se sent tout permis et ne prend plus aucune précaution, c’est que débarrassés de tout faux-semblant, les rapports d’exploitation qui régissent la société crèvent les yeux. Comment ne pas comprendre que la justice est à vomir, que les lois sont nos prisons, que nous n’avons rien à attendre de leurs aménagements, ou de leurs évolutions.
SOMMAIRE
EN GUISE DE SOUTIEN À PASCAL PAYET / CONTRE L’EXTRADITION DE MARINA PETRELLA / RETOUR À SEQUEDIN / DE LA DÉSOBÉISSANCE CRIMINELLE / COURRIER / TÉMOIGNAGE DE FARID NACER / EN ITALIE COMME À CLAIRVAUX /Des perpètes réclament la peine de mort pour eux-mêmes / LE PLANCHER DES VACHES / DOSSIER : PSYCHIATRIE ET PRISON : La folie qu’on enferme pages / La société qui rend fou pages / Le comportementalisme. SAGE comme des images. / Le DSM. Comment Dominique nous nique / Les hôpitaux psychiatriques se vident. /Extraits de « Bienvenue en enfer » de Clarence Cooper, 1967 / Qui entre à Armentières entre en enfer,histoire de Serge Ferratons etc / Massacre à la victime / LE RAPPORT DE LA CNDS SUR LA MORT D’ÉRIC BLAISE.
etc